Les flux migratoires sont une constante de l’histoire de l’humanité. Tant que des individus auront l’espoir de trouver une vie meilleure ailleurs, ils seront prêts à vivre l’aventure de la migration, malgré toutes les difficultés.
Les migrations vers les pays développés sont une tendance inéluctable. Des professionnels qualifiés trouvent intérêt à quitter leurs pays d’origine. Le vieillissement prévisible de la population des pays de l’OCDE laisse présager que le recours à la migration pour le travail augmentera encore dans les années à venir.
D’autre part, les politiques de fermeture des frontières pour stopper l’immigration sont en décalage avec les réalités de notre époque. La mondialisation de l’économie, le développement des communications et des échanges touristiques, commerciaux et culturels donnent une dimension internationale aux rapports humains et une facilité dans la mobilité des personnes.
DES QUESTIONS
On entend moins le refus d’accueillir toute la misère du monde mais ici et là on se dit : Pourquoi viennent-ils en France ? Pourquoi ne restent-ils pas chez eux ? Pourquoi sont-ils si nombreux ? Sommes-nous, de par notre histoire, responsables de ce qui se passe chez eux ?
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Liens historiques, culturels et linguistiques entre la France et les pays d’origine :
De nombreux pays d’Afrique subsaharienne et du Maghreb ont beaucoup apporté à la France dans la défense de sa liberté et dans sa reconstruction. Ce pays est redevable d’une dette historique envers tous ceux qui ont donné leur sang et leur force pour lui. D’autre part la France entretient avec ses anciennes colonies africaines une politique de coopération militaire ambiguë. Elle a soutenu des despotismes pour défendre des intérêts géopolitiques, commerciaux et économiques, au lieu d’aider à l’avènement des démocraties souhaitées par les populations.
La mobilité migratoire est une nécessité pour le maintien des liens économiques, culturels et politiques entre les pays associés à l’histoire de la France.
L’envie et le droit de vivre en famille :
La fermeture des frontières en 1974 a marqué une transformation dans ce type d’immigration. Elle a favorisé le regroupement familial. Le manque de liberté d’aller et retour qui permettait à l’émigré de passer deux ou trois ans en France pour ensuite retourner deux ou trois ans au pays l’a amené à faire venir sa femme et ses enfants .
La politique restrictive à l’égard de l’immigration en France a rendu de plus en plus difficile le maintien des relations familiales. À chaque visite familiale les autorités soupçonnent d’abord une volonté d’immigration et les visas d’entrée deviennent très difficiles à obtenir.
Or nous ne pouvons pas oublier que le droit à une vie familiale normale est inscrit dans la Constitution et dans la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme.
Le droit de circuler librement :
Il faut aussi rappeler que même si une personne n’est pas victime d’une quelconque discrimination, elle a le droit d’émigrer. L’article 12 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme affirme explicitement que toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. Des documents de l’Église ont réaffirmé aussi ce droit fondamental. Face à la mondialisation voulue par les pays industrialisés, la circulation des capitaux se fait de plus en plus facilement. Alors pourquoi la circulation des hommes serait-elle interdite ?
Les filières migratoires qui poussent certains peuples à partir et pas d’autres :
Il est à remarquer que toutes les personnes en situation d’extrême précarité tant économique que politique dans le monde ne font pas le chemin de la migration et ne vont pas toutes vers l’Europe. D’une part ce ne sont que 3% d’entre elles qui répondent à leur situation difficile par la migration, et d’autre part, elles ne viennent pas toutes vers la France. Elles ne partent pas au hasard mais s’appuient sur des filières familiales et culturelles. Ce sont les pays voisins pauvres qui accueillent, et de loin, plus que nous toute la misère du monde.
Tiré du document episcopat N° 8/9 "Quand l’étranger frappe à nos portes" 2004.








