Le nombre des réfugiés a atteint en 2006 son niveau le plus élevé depuis 2002 et s’est accru de 14% par rapport à 2005 pour atteindre 14 millions. Tel est le constat alarmant du HCR.Parmi les réfugiés, ce sont les Afghans qui constituent le groupe le plus important avec 2,1 millions de ressortissants dispersés dans 71 pays différents. Ils sont suivis par les Irakiens (1,5 million), les Soudanais (686.000), les Somaliens (460.000), et les réfugiés originaires de RDC et du Burundi (400.000 chacun). Et, pour la première fois depuis cinq ans le flux des réfugiés a recommencé à s’accroître dans le monde. Dans le même temps, en Europe, les pays disposés à accueillir ces vagues de réfugiés se font rares...
La convention de l’Union européenne sur le statut de réfugiés règle quel pays est responsable de la gestion d’une demande de droit d’asile. Concu initialement comme un allégement aussi bien pour les bureaucrates que pour les réfugiés, l’ordonnance dite de Dublin II est pourtant devenue avant tout un rempart contre des hôtes non invités. Au sein de l’Union européenne, les systèmes d’asile diffèrent d’un pays à l’autre et le taux de reconnaissance du statut de réfugié y varie fortement.
Si un réfugié arrivé par exemple en Espagne, pose ultérieurement une demande d’asileen Allemagne, il pourra de là être renvoyé en Espagne, le pays par lequel il est entré dans l’Union européenne, s’il ne remplit pas les conditions requises par l’Allemagne pour obtenir le droit d’asile. Il n’existe ni critères communs pour le statut de réfugiés dans les pays de l’Union européenne, ni système de répartitions dans les différents états membres. Mais toujours des barrières parfois infranchissables faites de règlements bureaucratiques, de détentions et d’expulsions…
Un nombre élevé d’émigrants à la recherche de meilleures conditions de vie, fuyant des foyers de conflits ou une misère profonde, ne parviennent même pas à atteindre les rives des pays européens. Elias Bierdel, membre fondateur de l’organisation ’Borderline Europe’- pour les droits de l’Homme sans frontières „ et ancien président de „Cap Anamur“ : ’ Les autorités espagnoles estiment qu’en 2006 dans la seule région autour de l’archipel des Canaries plus de 6000 personnes sont mortes noyées en tentant la traversée à bord d’embarcations de fortune. Si l’on tient compte des autres régions traversées par les émigrants, la Méditerranée au large de la Sicile, Lampedusa, et Malte et aussi la partie grecque de la Mer Egée au large des côtes turques, on atteint un bilan de victimes inimaginable… »
Tous ces obstacles ont pour résultat que ce ne sont pas dans les pays riches, -comme ceux de l’Union européenne -que vivent la plupart des millions de réfugiés de la planète, mais dans les plus pauvres. Ainsi la plus grande partie des réfugiés afghans se trouvent toujours au Pakistan, le Tchad doit toujours accueillir les réfugiés du Soudan, et les réfugiés irakiens trouvent principalement refuge dans des pays tels que la Syrie et la Jordanie. Sans oublier les quelques 25 millions d’hommes de femmes et d’enfants qui, dans des conditions indignes et déplorables, sont en fuite dans leur propre pays…








