Les enfants, eux, ont dormi sous une petite tente. « Il n’y avait personne à leurs côtés. On est allé jusqu’à Clichy pour trouver une pharmacie ouverte. On est revenus avec du lait en poudre et des couches. Ces gens n’avaient rien. Pas même une couette chaude », critique une voisine, choquée.
Hier, les expulsés, en majorité ivoiriens, réclamaient des solutions de relogement définitives. Or ce ne sont que des hébergements provisoires qui leur ont été proposés : six nuits d’hôtel pour les familles, une nuit pour les couples et des foyers pour les célibataires. Des solutions qui ont été rejetées.
« Depuis des mois, je vais d’hôtel en hôtel avec mes trois enfants. Je croyais avoir enfin trouvé un toit. Je me retrouve encore à la rue », craque cette mère de famille célibataire. « Le gérant du meublé a eu maille à partir avec le propriétaire. Il est parti avec la caisse. Mais nous, on a toujours payé notre loyer. Il n’y avait pas de problème ici. Nous sommes des victimes », se révolte un célibataire.
« On veut que la ville s’engage à nous reloger durablement »
Les occupants avaient continué à vivre dans le meublé insalubre malgré l’arrêté municipal de fermeture et l’interdiction définitive d’exploitation. Jusqu’à jeudi, où l’évacuation a été ordonnée. Hier après-midi, une nouvelle tentative a eu lieu pour débloquer la situation : un dispositif policier a été mis en place et le boulevard Voltaire a été barré. Les badauds étaient massés au pied des immeubles voisins. Des élus de gauche et des représentants d’associations étaient également sur place. Le dialogue a rapidement tourné court : une bousculade a eu lieu et deux policiers ont été blessés, dont l’un a dû être hospitalisé. Une femme enceinte a eu un malaise. Deux hommes ont été interpellés. Le calme revenu, de nouvelles négociations ont démarré. « Rester sur le trottoir, ce n’est pas bien, leur a dit le directeur départemental adjoint de la sécurité publique (DDSP). La météo est mauvaise et il y a de très jeunes enfants. La circulation est rapide sur le boulevard, ils risquent d’être renversés. Il faut accepter d’aller dans les hôtels qui ont été réservés par la municipalité. »
Des propositions rejetées par les familles. « On refuse les solutions provisoires. On ne croit pas aux promesses. On veut que la ville s’engage à nous reloger durablement », ont-elles expliqué en donnant une liste sur laquelle figuraient 66 personnes vivant, selon elles, à l’hôtel avant l’évacuation. Seules deux familles, dont une de neuf enfants, ont été relogées par la mairie.
Les négociations ont duré longtemps. Dans la soirée, le représentant du DAL (Droit au logement) était de nouveau sur place. Le dispositif policier a été allégé. Une table ronde devrait avoir lieu lundi avec la préfecture, le conseil général et la mairie. En attendant, c’est le statu quo.








