On ne prête qu’aux riches… et les pauvres vont devenir de plus en plus pauvres.
Combien va-t-on compter de victimes ? Mille ? Dix mille ? Des centaines de milliers ? Des réfugiés, des sans-logis, sûrement plus d’un million. Une nouvelle catastrophe d’une ampleur exceptionnelle a ravagé l’île haïtienne.
Hier, le mardi 12 janvier 2010, à 22:53 heure de Paris, un tremblement de terre de magnitude 7,3 (sur l’échelle de Richter) a eu lieu à quinze kilomètres à l’ouest de Port-au-Prince qui regroupe une agglomération de près de quatre millions d’habitants.
Deux autres secousses ont suivi, une de 5,9 sept minutes après, et une autre de 5,5 cinq heures dix-neuf minutes après. Le séisme a été ressenti à plus de trois cents kilomètres à la ronde.
La faille qui a remué fait cinq cents kilomètres de long et a cassé sur cinquante kilomètres de long. Les derniers séismes de cette ampleur avaient eu lieu au XVIIIe siècle. On sait maintenant mesurer (grâce au GPS) la vitesse de glissement de la plaque nord-américaine contre la plaque caraïbe : environ deux centimètres par an, ce qui fait un déplacement de cinq mètres environ depuis les derniers tremblements de terre.
Ce type de séisme était prévisible depuis une vingtaine d’années. Mais la prévision est à quelques décennies près. On en parle aussi pour San Francisco, pour Kyoto, pour Naples, pour Nice aussi.
Eh oui, Haïti est un pays pauvre. Le plus pauvre du monde : 70% des neuf millions d’habitants ont moins de deux dollars par jour pour vivre. Le pays n’a pas pu investir dans le contrôle sismique. Une surveillance qui n’aurait servi à rien, de toute façon, car les instruments mis en place par des observateurs internationaux n’ont détecté aucun signal précurseur (au contraire de ce genre de séisme titanesque).
La route qui mène la capitale politique à la capitale économique (Pétionville) est sur la ligne de faille. Beaucoup d’activités se sont développées le long de cet axe. Des bidonvilles, conséquence d’une urbanisation non maîtrisée, s’y sont multipliés ces dernières décennies.
La cathédrale, le Palais national, le siège de l’ONU, des ministères, entre autres, se sont effondrés. De nombreuses personnes sont ensevelies ou ont disparu. Les aides internationales commencent à arriver. L’ONU a fait du forcing car elle a des troupes stationnées dans l’île.
Pas de chance ? Sans doute. Les éléments du destin ne sont pas plaisants. En 2008, plus d’un millier de personnes avaient péri dans plusieurs cyclones faisant un million de sinistrés. Des inondations avaient aussi meurtri le pays en 2004 et en 2008.
Haïti allait pourtant un peu mieux. Les routes étaient en cours de reconstruction, le pouvoir politique commençait à avoir autorité et avait organisé des élections législatives pour mai prochain.
Oui, il n’a pas de chance, ce pays, ce peuple.
Comme pour le tsunami il y a quelques années, les médias s’affolent déjà, les appels au secours vont faire une surenchère bien nécessaire pour venir en aide aux populations dévastées, puis, dans quelques semaines, on oubliera à nouveau qu’il y a des peuples Sisyphe et des peuples qui ont un peu plus de chance. (Certes, Sisyphe était heureux, avait précisé Albert Camus).
Et cela fait comme un léger signal subliminal pour relativiser les problèmes quotidiens dérisoires, pour dédramatiser par exemple la neige et la pluie verglaçante du petit matin.
Aussi sur le blog. http://rakotoarison.over-blog.com/a...
Sylvain Rakotoarison (13 janvier 2010) http://www.rakotoarison.eu
Pour aller plus loin :
Les premières informations sur la situation à Haïti. http://rakotoarison.over-blog.com/a...
Communiqués de l’ONU d’appel à l’aide internationale. http://rakotoarison.over-blog.com/a...
Déjà 100 000 victimes envisagées à Haïti par son Premier Ministre. http://rakotoarison.over-blog.com/a...
Des informations supplémentaires au 14 janvier 2010 à 09:55. http://rakotoarison.over-blog.com/a...







