
Hésitation de François Hollande de se souiller à Kinshasa
Sommet de la francophonie de Kinshasa : François Hollande embarrasséAssassinats Chebeya, Armand Tungulu... épines pour Joseph Kabila
mercredi 4 juillet 2012, par| S'INSCRIRE A CHRETIENS EN RESEAU |
Et lors du passage du président guinéen à Paris, Alpha Condé, lui-même ancien opposant politique, alignant derrière lui quelques 50 ans de lutte pour la conquête du pouvoir politique, l’opinion publique a été émerveillée par sa franchise sur la participation ou non de François Hollande et bien d’autres présidents au prochain sommet de la francophonie prévu à Kinshasa en novembre prochain. Et sans ambages, il a déclaré que François Hollande hésite d’effectuer le déplacement de Kinshasa. Et pareil pour bien d’autres chefs d’Etat qui estiment difficile de prendre part à un tel sommet, au vu surtout du chaos qui a entouré les conditions de l’élection de Joseph Kabila.
Voir en ligne : 14 sommet de la Francophonie Kinshasa rd CONGO
A quelques 3 mois de la tenue du prochain sommet de la Francophonie sensé se tenir à Kinshasa, la capitale de la rd CONGO, beaucoup de questions se posent encore sur le succès d’un tel sommet, et surtout la participation ou non du nouveau président français, au vu de la coloration politique de son parti politique issu de la gauche. Toutes ces questions se justifient au vu de conditions chaotiques de la tenue des dernières présidentielles de novembre 2011 et auxquelles nul n’accorde de la crédibilité. Pour beaucoup de démocrates et partisans de la gauche politique, autant d’ailleurs la société civile libre, la présence de François Hollande à un tel sommet serait une caution à la violation des droits de droits de l’homme, aux assassinats politiques, au pillage des ressources nationales, à la négation de valeurs républicaines. Le fait qu’il foule le sol congolais serait comme le cautionnement de la vaste fraude électorale qui a caractérisé l’élection controversée de Joseph Kabila, dont plusieurs officines soutiennent avoir été mal élu, si pas élu du tout. Ce qui avait suscité la montée en puissance des membres de la société civile, des Ong des droits de l’homme et l’opposition politique qui ont battu campagne pour la non-participation de François Hollande. Il n’y a point de doute possible, les différents rapports des missions internationales d’observations de ces élections, les résultats détenus par l’opposition politique et l’église catholique romaine de la rd CONGO sont unanimes : les résultats rendus publics par la CENI ne sont pas ceux sortis des urnes. Et depuis lors, deux chefs d’Etat se réclament d’incarner la légitimité populaire. Et à l’annonce de la tenue prochaine du sommet de la francophonie à Kinshasa, le camp du candidat estimant avoir été élu par le peuple congolais ne tolère pas que ces assises aient lieu, ou du moins, qu’elles connaissent la participation de François Hollande. Et la donne du terrain donne raison à l’opposition politique qui semble marquer les points.
Hésitation de François Hollande
En effet, la campagne sur la conscientisation et la sensibilisation de la communauté internationale menée tambour battant par les ONG des droits de l’homme et les partis politiques de l’opposition congolaise semble commencer à produire le fruit. Bien que minimisée au départ par le régime politique en place, cette question de la non-participation du nouveau président français, François Hollande, s’invite désormais aux débats entre les dirigeants politiques africains et leurs homologues français et canadiens.
Parce que la Francophonie est un ensemble des valeurs communes ayant vu jour à partir du politique français, sa substance ne pouvait pas être en opposition avec les valeurs fondamentales de la république française, s’agissant particulièrement des valeurs républicaines, du respect des normes démocratiques et de la primauté des droits de l’homme. Comment un président d’une nation élu démocratiquement comme François Hollande, pouvait il venir serrer la main d’un autre président mal élu, et dont le régime politique est caractérisé par moult cas de violations massives des droits de l’homme, des assassinats des journalistes, des hommes d’église et défenseurs des droits de l’homme, des opposants politiques et autres objecteurs de conscience !
La plupart des opposants politiques africains ont côtoyé François Hollande lors de meetings de la gauche, et ils ont en commun l’engagement dans la lutte pour le triomphe des valeurs républicaines et le respect de la dignité humaine et de l’intégrité physique des individus. Plusieurs manifestations ont été organisées par les membres de la diaspora congolaise en France, et des mémorandums documentés ont été à cette occasion remis au nouveau gouvernement français avec de preuves de la vaste fraude électorale. Le rapport même de la mission d’observation de l’Union Européenne est certainement connu du nouveau président Français. Honoré Ngwanda et son APARECO ont eu aussi à jouer un rôle important dans cette campagne de la sensibilisation du gouvernement français. Et face à l’évidence, les masques ont commencé à tomber : la question est désormais abordée sans état d’âme.
Et lors du passage du président guinéen à Paris, Alpha Condé, lui-même ancien opposant politique, alignant derrière lui quelques 50 ans de lutte pour la conquête du pouvoir politique, l’opinion publique a été émerveillée par sa franchise sur la participation ou non de François Hollande et bien d’autres présidents au prochain sommet de la francophonie prévu à Kinshasa en novembre prochain. Et sans ambages, il a déclaré que François Hollande hésite d’effectuer le déplacement de Kinshasa. Et pareil pour bien d’autres chefs d’Etat qui estiment difficile de prendre part à un tel sommet, au vu surtout du chaos qui a entouré les conditions de l’élection de Joseph Kabila.
« Au Congo, on pense à la façon dont les élections se sont passées ; on pense aux droits de l’homme et à certains procès ; et tout cela conditionnera la présence ou non du président français à Kinshasa », confie un proche du chef de l’Etat français dans une allusion claire au procès en cours des responsables de la mort de Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana.
C’est vraiment un tournant décisif dans cette lutte de l’opposition congolaise pour le rétablissement de la vérité des urnes. Après le premier coup infligé à Joseph Kabila, qui n’avait vu aucun chef d’Etat effectuer le déplacement dans son pays pour sa prestation de serment, à l’exception du zimbabwéen, Robert Mugabe, devenu désormais infréquentable, la non-participation de François Hollande au prochain sommet de la francophonie serait une deuxième victoire des forces démocratiques congolaises quant au respect des valeurs républicaines.
Pasteur Evangéliste Jean Paul BWANA
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