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François Hollande exige plus de gages démocratiques à la Rdc

14è Sommet Francophonie rdc : Préalables démocratiques exigés

Kinshasa doit cesser de rêver : point de démocratie sans démocratie

mardi 24 juillet 2012, par Jean Paul BWANA , pasteur évangéliste

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L’on ne peut même pas affirmer que la prestation de serment de Joseph Kabila a eu lieu en l’absence de la Communauté internationale, pendant que l’Afrique était représentée par le Zimbabwe de Robert Mugabe et les Occidentaux par les Ambassadeurs respectifs accrédités en Rd Congo. Même si François Hollande ne s’est pas encore exprimé sur sa participation ou non au Sommet de la Francophonie à Kinshasa, un communiqué de l’Elysée indiquait, il y a peu, que les autorités congolaises devaient " démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit ". Quelle démocratie promouvoir lorsque lui-même François Hollande reçoit en audience les présidents africains et autres qui n’ont rien à avoir avec la démocratie ? Promouvoir quelle démocratie lorsque après les élections présidentielles dans certains pays, les concurrents candidats de l’opposition se retrouvent tous en prison. Le cas du Rwanda n’est qu’un secret de polichinelle.

Voir en ligne : 14 sommet de la Francophonie Kinshasa rd CONGO

Après avoir vainement mobilisé leurs lobbys à travers le monde afin de convaincre le nouveau président français de se rendre personnellement au 14 Sommet de la Francophonie dont les assises sont prévues pour octobre prochain à Kinshasa, cette capitale Kinshasa qui a vu couler innocemment le sang de Floribert Chebeya, de Fidèle Banzana, de Armand Tungulu, de Frank Diteng, du député Mlc Boteti... , la moutarde semble n’avoir pas bien prise. Que de jouer franc jeu, Kinshasa a cru être capable de vendre ses illusions en faisant croire à l’opinion publique internationale que le régime politique en place est démocratique, que les présidentielles de 2011 se sont bien déroulées et que Joseph Kabila a été élu démocratiquement par le peuple congolais. Comme la vérité est têtue et finit toujours par triompher, les choses se clarifient enfin. Il y a beaucoup plus de chance que François Hollande ne vienne pas à Kinshasa lors de ce sommet. La raison n’est autre que celle liée au caractère dictatorial et sanguinaire de ce régime du sang, au non respect des droits de l’homme et des libertés individuelles et collectives des personnes humaines, à l’absence d’un appareil judiciaire libre et indépendant pouvant faire éclater la vérité sur le double assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana, l’absence de la bonne gouvernance...

Ayant placé son règne sous le signe d’une présidence normale, il serait scandaleux que François Hollande vienne à Kinshasa serrer la main des assassins de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme, et surtout s’attabler avec un chef d’Etat mal élu et qui n’est pas sorti des urnes. Fermer les yeux sur les exigences démocratiques du peuple congolais et de différents ONG internationales qui suivent au quotidien la situation politique en rd CONGO serait cautionner l’illégalité et l’impunité criante.

Si le président français a refusé de prendre part à la cérémonie officielle de la remise du prix controversé ’’Unesco-Guinée Equatoriale’’, comment pouvait-on croire que ce ’’président normal’’ s’écarterait de sa ligne de conduite ! Le sens d’honneur et de la dignité exige à un certain moment d’être sérieux et surtout respectueux des valeurs fondamentales que l’on a toujours prêchées et clamées haut et fort. Démocratie, Fraternité et Libertés sont ces valeurs qui guident le peuple français et ses dirigeants. On le sent dans le discours fort que tient Elysée et Matignon sur la crise syrienne, Kinshasa ne pouvait pas naïvement penser de s’y soustraire. Même si par miracle François Hollande venait, sa conscience ne sera pas tranquille !

En effet, la vaste campagne menée vaillamment par toutes les forces démocratiques à travers le monde et le soutien apporté par les principales ONG des droits de l’homme pour mettre en exergue le criant déficit démocratique qui caractérise ce pays a fini par porter du fruit. Les multiples assassinats politiques, les détournements de deniers publics, la complicité du régime en place dans la déstabilisation de l’Est de la rd CONGO, et le tout sur fond de la vaste fraude électorale de novembre 2011, qui a privé au peuple congolais de se doter d’un régime démocratique et de se choisir librement ses propres dirigeants, ont fini par faire prendre conscience aux membres de la communauté internationale du drame congolais. Et plus personne ne veule plus cautionner les conneries et l’escroquerie politique congolaise. Les propos du président Alpha Condee de la Guinée lors de son dernier passage à Paris ont été plus que clairs. Ancien militant de la liberté et opposant politique de longue date et artisan de la démocratie, comment ne pouvait il pas fustiger les irrégularités et vastes fraudes électorales congolaises ?

La communauté internationale s’est enfin rendue à l’évidence, en exigeant sans détour du gouvernement de Joseph Kabila plus de démocratie, la bonne gouvernance et l’assainissement de l’espace politique. La transparence dans le processus électoral revient également au devant de la scène, avec l’obligation d’assainir le fichier électoral et ouvrir cette fameuse CENI à tous les courants politiques et à la vraie société civile. Les circonstances de l’ignoble assassinat de Floribert Chebeya doivent être clarifiées et un procès en bonne et due forme organisée avant toute décision de la participation du président français au sommet attendu.

C’est dans ces conditions agitées que la presse inféodée au régime en place se met à gesticuler en dénonçant maladroitement une quelconque immixtion de la France dans la politique nationale. Ces journalistes de la honte vont jusqu’à condamner la France de ne pas compatir au malheur du Congo Kinshasa, conséquence de l’attaque de troupes rwandaises aux côtés de ces larrons rebelles qui ne sont que de prêts noms. Le sang de tous ces martyrs de la démocratie n’intéresse nullement ces journalistes !

Pour lecture

4ème Sommet de la Francophonie : Le chantage, comme la Belgique et les Usa, la France ferait mieux de compatir avec les Congolais

*Au lieu que les pays francophones, avec à leur tête la France, manifestent leur compassion à la Rd Congo victime des affres de la bande à Bosco Ntaganda, soutenue concrètement par le Rwanda, c’est au chantage qu’on assiste depuis un certain temps *L’attitude responsable des autorités belges qui compatissent au malheur qui arrive à la Rd Congo est à féliciter, en dépit de l’affaire du cinéaste Thierry Michel. Une affaire privée qui s’est vite transposée sur la place publique au risque de devenir une affaire d’Etat *Les Congolais ne croiront en Hollande qu’au regard du respect que le Président de le France portera à l’endroit des Congolais et de leurs 8 millions de morts victimes des agressions soutenues par le Rwanda ainsi que des sanctions les plus rigoureuses qu’il proposera ou prendra contre Paul Kagame et ses collaborateurs qui pillent, volent et violent continuellement la Rd Congo. La France aura ainsi emboîter le pas aux Etats-Unis d’Amérique par l’entremise du Département d’Etat américain.

Plus que deux mois et demi nous séparent du 14ème Sommet de la Francophonie dont l’organisation a été confiée à la Rd Congo. Ce Sommet, organisé tous les deux ans depuis 1986 et ouvert d’abord aux seuls pays francophones ou partiellement francophones, s’est ensuite élargi aux pays lusophones comme observateurs. Et si ce 14ème Sommet s’organise à Kinshasa, ce sera une première pour toute l’Afrique centrale. Mais depuis un certain temps, la Rdc qui est agressée par le Rwanda connaît un chantage sans nom, orchestré par tous les pays qui n’aiment pas que ce pays se confirme comme une puissance régionale et internationale en Afrique et dans le monde. C’est au rang de tous ces pourfendeurs que l’on peut facilement retrouver ceux qui cherchent des poux sur la tête d’unchauve. Tous ceux qui militent pour la délocalisation du Sommet de la Francophonie en Rd Congo mettent en exergue le déficit en matière de démocratie, la mort et le procès en appel de Floribert Chebeya, l’expulsion du cinéaste belge Thierry Michel, etc. Ils auraient même proposé un plan B pour tenir le Sommet à Maurice. Mais s’il est maintenu à Kinshasa, ils disent que certains pays risquent de ne pas venir. Et pour quelle raison ne viendraient-ils pas ?

Du déficit démocratique

Pour appuyer leur argumentaire, les pays jaloux des progrès de la Rd Congo citent la façon dont les élections se sont déroulées en Rd Congo. Et d’ailleurs, les différentes missions d’observation avaient certes reconnu qu’il y avait des irrégularités, mais celles-ci n’avaient pas pour nature de changer l’ordre d’arrivée des candidats à la présidentielle. Même le chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange a eu lui-même à reconnaître ces irrégularités, tout en s’engageant d’améliorer cet état de choses.

Pour mémoire, la CENI elle-même a eu à faire sa propre évaluation, avant de présenter son rapport annuel à l’Assemblée nationale. La chambre basse du parlement, s’étant rendu compte de la gravité des conditions d’organisation de ces élections, a émis quelques recommandations, notamment l’amendement de la loi portant organisation des élections présidentielle, législatives, municipales, … en Rd Congo. A ce stade, on ne peut que prendre son mal en patience, et attendre d’autres conclusions qui découleront certes de cet amendement.

Pouvons-nous dans ce contexte affirmer que le président Joseph Kabila veut profiter de la tenue du Sommet de la Francophonie pour se légitimer au niveau de la Communauté internationale ? L’on doit savoir qu’un président aussi élu comme Joseph Kabila Kabange par le souverain primaire, n’a pas à solliciter sa légitimité au niveau de la Communauté internationale. La légitimité est donnée par le peuple dans lequel se reconnaît son chef.

L’on ne peut même pas affirmer que la prestation de serment de Joseph Kabila a eu lieu en l’absence de la Communauté internationale, pendant que l’Afrique était représentée par le Zimbabwe de Robert Mugabe et les Occidentaux par les Ambassadeurs respectifs accrédités en Rd Congo. Même si François Hollande ne s’est pas encore exprimé sur sa participation ou non au Sommet de la Francophonie à Kinshasa, un communiqué de l’Elysée indiquait, il y a peu, que les autorités congolaises devaient " démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit ". Quelle démocratie promouvoir lorsque lui-même François Hollande reçoit en audience les présidents africains et autres qui n’ont rien à avoir avec la démocratie ? Promouvoir quelle démocratie lorsqu’après les élections présidentielles dans certains pays, les concurrents candidats de l’opposition se retrouvent tous en prison. Le cas du Rwanda n’est qu’un secret de polichinelle.

Et pourtant, la démocratie s’observe aussi à travers le fonctionnement des institutions. Qui peut à ce jour affirmer que les institutions issues des urnes ne sont pas encore fonctionnelles ? Une telle affirmation serait le fait des émotions qui n’ont rien à avoir avec la raison. C’est dans ce contexte que l’Union européenne a élaboré une série de recommandations, dont d’autres n’avaient pratiquement pas de rapport avec les élections du 28 novembre 2011. Pour elle, aussi longtemps que la CENI, au-delà la Rd Congo n’aura pas appliqué toutes ces recommandations, l’Ue sera obligée de suspendre son financement. Ici, sa volonté est d’imposer un schéma à la Rd Congo du type 1+4. Loin de nous la volonté d’ignorer la contribution du contribuable européen, on est toutefois en droit d’affirmer que les élections du 28 novembre 2011 auront été celles qui ont bénéficié du financement du Gouvernement de la République. Et la contribution de la Communauté internationale a été technique, notamment à travers la formation des policiers pour la sécurisation du processus, le transport du matériel électoral, etc.

Pour rappel, c’est en 1991 que la Rd Congo (Zaïre de l’époque) avait raté l’organisation du Sommet de la Francophonie à cause des massacres présumés au Campus de Lubumbashi. Massacres pour lesquels aucune preuve tangible n’a été apportée, à part un seul étudiant mort. A cette époque-là, la Rd Congo ne disposait sur le plan médiatique que de la seule OZRT (Office Zaïrois de Radio Diffusion et de Télévision), contrairement à ce jour où il y a environ une soixantaine de chaînes de télévision, plus de 1.000 radios. En plus, à l’époque de la deuxième République, il n’y avait que deux journaux, Elima et Salongo. Et pourtant, à part certains pays francophones du Nord ayant la tradition française, la Rd Congo dispose à ce jour de plus de 300 titres de journaux. Parmi ces titres, il y en a qui sont de l’Opposition. Voilà qui pousse à dire qu’il n’y a pas un seul pays en Afrique qui peut faire mieux aujourd’hui. Disons que la Francophonie ne peut à ce jour valoir quelque chose sans la Rd Congo avec sa population estimée à environ 100 millions d’habitants. C’est ici qu’il faut faire observer que même si par moment la Rd Congo a été soumise à une pression, ce pays n’a jamais quitté l’espace francophone contrairement au Rwanda qui a basculé dans le Commonwealth, même s’il tente de revenir sur les pointes de pieds à la Francophonie.

La mort et le procès en appel de Floribert Chebeya

En Rd Congo, on ne comprend pas pourquoi on s’acharne beaucoup plus sur l’accessoire, l’organisation du Sommet de la Francophonie, plutôt que de compatir avec des milliers des Congolais tués par ceux qui veulent arracher de force les richesses de la Rd Congo. C’est dans cette logique que la mort de Floribert Chebeya est vite prise comme exemple pour acculer la Rd Congo, ses autorités, ainsi que sa population. Mais vite on oublie que cette affaire a déjà connu un procès au premier degré, et se trouve présentement au second. Faut-il dire qu’au premier degré la justice n’a pas été bien dite ? C’est le travail qui a été confié à la Cour d’ordre militaire qui devra se prononcer et il est prématuré pour quiconque de prétendre donner un jugement. Et celui qui a une information à donner au tribunal à ce sujet, n’a qu’à se faire annoncer. Pendant qu’au premier degré certains policiers ont été condamnés par contumace, c’est le moment qu’apparaît un film, du reste une affaire privée, du cinéaste belge Thierry Michel.

En principe, ce documentaire devait être projeté dans les salles et vendu sur la place publique. Il est devenu une affaire du Sénat et d’autres institutions publiques, au risque d’en dénaturer la substance, si cela n’est pas encore fait. Ce qui est curieux, le film présente un fugitif qui se trouverait à l’étranger et qui déclare avoir vécu la scène. Malheureusement, au lieu d’apporter son témoignage à la justice, il se contente de confesser son péché au cinéaste. En violation de toutes les règles relatives à la présomption d’innocence, le film choisit déjà les coupables, une façon pour lui d’orienter le jugement qui sera rendu par la justice militaire. A supposer que la justice militaire n’aille pas dans ce même sens, on risquera d’assister à des contestations qui risquent de générer, accusant le tout de parodie de justice.

Les Congolais en ont marre

Au regard de tout ce qui précède, les Congolais ne demandent pas mieux que François Hollande ait du respect non seulement envers eux, mais aussi envers les 8 millions de morts. Ils ne demandent pas mieux que François Hollande préconise des sanctions sévères à l’encontre de Paul Kagame et de ses collaborateurs qui continuent à piller les richesses de la Rd Congo. Il sied de noter qu’à l’avènement de l’AFDL soutenue à l’époque par les Rwandais, ces derniers avaient conseillé à M’Zée Laurent-Désiré Kabila d’adhérer à la Commonwealth. La Rd Congo se rend compte de l’évidence et serait tenté d’envisager cette approche, si et seulement si cette méprise des Congolais va continuer. Et si par hasard cela continue, le peuple congolais ne manquera pas de demander à M. Hollande de garder sa francophonie ou de la déplacer dans un pays de son choix, tant cela relèverait de son pouvoir discrétionnaire.

L’Avenir

P.-S.

Pasteur Evangéliste Jean Paul BWANA



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