
Barack Obama salue la mémoire d’un bâtisseur de la démocratie africaine
John Atta Mills a tiré sa révérence : l’Afrique pleure un des pères de sa démocratieUn géant s’en va : comment combler ce vide laissé par John Atta Mills ?
mercredi 25 juillet 2012, par| S'INSCRIRE A CHRETIENS EN RESEAU |
Toute l’attention de la communauté internationale à l’endroit de ce pays est la conséquence heureuse de l’attachement de sa classe politique aux valeurs et normes démocratiques. Initiée en 2000 par le président Jerry Rawlings, poursuivie par John Kufuor, la démocratisation du Ghana a été consolidée par feu John Atta Mills. Même si le pays reste extrêmement dépendant des financements internationaux, si les hommes ne changent pas, il y a beaucoup de chance que ce pays continue à occuper le devant de la scène internationale en matière de la démocratisation du continent africain. Ce traitement favorable dont il a bénéficié jusque-là a plus de chance de se poursuive.
Voir en ligne : Mort de John Atta Mills
Le peuple ghanéen s’est réveillé ce mercredi 25 juillet 2012 avec un nouveau président à la tête du pays. Hier en début de la soirée, le pays était sous la consternation à l’annonce du décès du président John Atta Mills. John Dramani Mahama, ancien diplomate et écrivain, jusque sous peu vice-président du Ghana, a succédé à son mentor, John Atta Mills, décédé hier soir après seulement quelques heures de son admission à l’hôpital pour de soins médicaux. Cette célérité de la procédure est une des exigences de la constitution ghanéenne qui permet d’éviter un vide constitutionnel à la tête du pays. Une fois de plus, le peuple ghanéen aurait prouvé à la face du monde sa maturité politique et son engagement à consolider le processus démocratique des institutions nationales.
Si l’opinion publique continue à se demander le nom de la maladie dont souffrait feu John Atta Mills, du côté du gouvernement quelque peu aphone rien de concret n’a filtré. A la place, juste un communiqué laconique pour annoncer à la nation ghanéenne et à la communauté internationale la triste nouvelle du décès du chef de l’Etat. C’est plutôt l’ancien président Rawlings qui a éclairé quelque peu l’opinion publique en déclarant que le défunt se savait malade depuis bien longtemps. Ce qui suppose que son état de santé a été occulté pour de raisons que seul le gouvernement ghanéen connaît. Mieux encore, Rawlings, membre du même parti politique que l’illustre disparu, a surpris l’opinion en disant qu’il était personnellement favorable à la candidature de l’épouse pour les présidentiels prochains annoncés pour décembre 2012. Ce qu’au sein du parti et du milieu des amis politiques de John Atta Mills le problème de son état de santé se posait déjà, et tous savaient la santé précaire. C’est vraiment une erreur que d’entretenir un flou sur son état de santé, la maladie ne doit plus être un sujet tabou et que nul ne voudrait voir être porté sur la place publique. Et pire, quand on est établi dans de fonctions officielles et surtout au sommet de l’Etat, on n’a plus de vie privée. Il faut absolument corriger cet état de chose qui a fait que l’Afrique pleure aujourd’hui son fils qui s’est distingué dans l’ouverture de son pays au système démocratique et dont le continent a grandement besoin pour son développement.
Parcours de John Atta Mills
De conditions modestes, le président John Atta Mills âgé de 68 ans est détenteur d’un diplôme universitaire en droit. Politicien de carrière, il a tenté vainement d’accéder au trône par deux fois de suite et sans jamais l’emporter. Et en 2000, alors que le président Jerry Rawlings qui ne pouvait plus constitutionnellement se présenter au scrutin présidentiel lui apporte tout son soutien politique comme son poulain lors des présidentiels qui auront marqué le début de l’heure de la démocratisation du Ghana, ce scrutin voit la victoire de l’opposant John Kufuor, avec 57 p. 100 des suffrages contre John Atta Mills, vice-président du Ghana. C’est seulement lors de sa troisième tentative qu’il finit par remporter les élections présidentielles de son pays en 2009.
Le Ghana est fier d’avoir connu ces trois présidents considérés aujourd’hui comme les pères de la démocratie ghanéenne. Jerry Rawlings, John Kufuor et John Atta Mills, tous les trois ont été confortablement élus à la présidence de la république, ont eu à bénéficier du soutien valable de leurs partis politiques. Cette légitimité renouvelée au sommet de l’Etat rend le Ghana crédible vis-à-vis de l’étranger, et le place dans une situation confortable. Toute l’attention de la communauté internationale à l’endroit de ce pays est la conséquence heureuse de l’attachement de sa classe politique aux valeurs et normes démocratiques. Initiée en 2000 par le président Jerry Rawlings, poursuivie par John Kufuor, la démocratisation du Ghana a été consolidée par feu John Atta Mills. Même si le pays reste extrêmement dépendant des financements internationaux, si les hommes ne changent pas, il y a beaucoup de chance que ce pays continue à occuper le devant de la scène internationale en matière de la démocratisation du continent africain. Ce traitement favorable dont il a bénéficié jusque-là a plus de chance de se poursuive.
Dès hier soir, le locataire de la Maison Blanche a exprimé sa tristesse à l’annonce de la disparition de John Ata Mills. Il vous souviendra que Barack Obama, encore nouvellement élu à la tête des USA en 2009, avait réservé son premier voyage en Afrique noir au Ghana. Une façon pour lui de saluer et encourager l’attachement de la classe politique de ce pays aux normes démocratiques et à la bonne gouvernance.
Au peuple ghanéen et au parti politique du feu Atta Mills, Congrès démocratique national, nous recommandons un dépassement afin de ne pas trahir sa mémoire en consolidant la marche démocratique de la société ghanéenne qui pourra continuer à servir de modèle d’émulation en Afrique. C’est vrai que la gent féminine marque les points à travers le monde, si l’épouse de l’ex-président Rawlings est compétente et répond aux aspirations du peuple, autant l’encourager à représenter le parti en décembre prochain.
Pasteur Evangéliste Jean Paul BWANA
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