Accueil du siteA la Une Actualité chrétienne Afrique Christianisme Culture Dossiers France Israël Monde Multimédia Science/Tech Sports Contact
Accueil du site > A la Une
Obama impose un débat sur les couleurs de la « France politique »

dimanche 9 novembre 2008

par S. Raouf

Le temps des réactions à chaud passé, la France se regarde au miroir de l’élection US avec un oeil autocritique.

Cinq jours après l’élection du premier Noir à la tête de la première puissance planétaire, un débat se fait jour sur le décalage du paysage politique au regard de la société. Une vingtaine de personnalités ap-pelle la classe politique française à méditer la « leçon » américaine. Et, au-delà de cet enseignement, à œuvrer pour l’émergence d’un décor politique aux couleurs de la France. Leur plaidoyer est partagé par la première dame du pays, Carla Bruni-Sarkozy. « L’élection de Barack Obama éclaire par un contraste cruel les manquements de la République française et l’écart qui nous sépare d’un pays dont les citoyens ont su dépasser la question raciale et élire pour président un homme qui se trouve être noir », souligne ce groupe de personnalités de tous bords.

Premiers signataires d’un « Manifeste pour l’égalité réelle », ils ont engagé leur action via les colonnes du « Journal du Dimanche ». Initié par Yazid Sabeg, l’industriel d’origine algérienne, le texte a convaincu d’emblée des hommes politiques de droite comme de gauche, des intellectuels et des animateurs du vivier associatif. L’initiative de Sabeg a suscité l’adhésion du secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian, du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, du président de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée, l’ancien garde des Sceaux Pierre Méhaignerie, du titulaire de la même charge au Sénat, Nicolas About, du député socialiste Arnaud Montebourg, de l’historien Benjamin Stora.

D’autres figures ont apposé leur signature au bas du « Manifeste pour l’égalité réelle ». Parmi elles, la sénatrice socialiste d’origine algérienne Bariza Khiari, sa collègue « vert », l’ancienne ministre de l’Ecologie Dominique Voynet, l’ancien patron du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), l’avocat Theo Klein. A défaut de pouvoir engager formellement sa signature — son statut de première dame de France s’y oppose -, Mme Sarkozy fait siennes les idées consignées. Les signataires, dont certains militent, de longue date, en faveur d’une « France politique » aux couleurs de sa population, émettent un message d’espoir. « Oui, nous pouvons ! », s’exclament-ils, l’esprit tourné vers le verdict des urnes étoilées. L’espoir d’un paysage politique ouvert et métissé est possible pour peu que la France de « l’universalisme » se décide à rompre avec ses « manquements ».

Résolument volontaristes, les signataires préconisent une action globale axée sur six axes. Exigence forte de leur manifeste, ils appellent à « soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité ». Une perspective qui passe par l’organisation d’un « Grenelle de l’égalité réelle de la diversité », allusion aux politiques d’envergure menées par la France depuis les événements de mai 1968. Pour y parvenir, les signataires recommandent de « limiter les mandats électoraux ». Dans un pays où le cumul des mandats et, surtout, leur longévité ressemblent à un véritable monopole politique, le « renouvellement du monde politique » est à ce prix.

Le manifeste presse l’Etat à « engager des politiques publiques qui combattent les conséquences sociales des discriminations ». Le texte appelle également à « inciter fortement » les employeurs au premier rang desquels la fonction publique - ministères et institutions - à « mettre en place des politiques de promotion de la diversité, fondées sur l’obligation de résultat ».

Carla Bruni-Sarkozy y adhère

Depuis la « marche pour l’égalité » ou « marche des beurs » de 1983, organisée dans la foulée de l’arrivée des socialistes au pouvoir, la France a connu des actions revendicatives à répétition. Animée par des « enfants de l’immigration » et une petite poignée d’hommes politiques, cette exigence d’égalité a été en deçà des espérances. Promise par la gauche à l’appui de la campagne présidentielle de Mitterrand, la revendication a trouvé, paradoxalement, un petit écho auprès de la droite. Périodiquement, celle-ci se plaît bien à opposer au Parti socialiste ses promesses électorales sans lendemain. Entre autres pièces à conviction, elle lui rappelle l’entrée de Tokia Saïfi, de Rachida Dati et de Fadela Amara au « gouvernement de la République », des choses à l’actif de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.

Idem dans le registre de la préfectorale. La droite rappelle systématiquement, et sans se faire prier, que c’est bien sous ses gouvernements que des « préfets musulmans » ont été appelés à exercer la fonction chère à Napoléon. Plus récemment, la Présidence s’est fait un plaisir de médiatiser la nomination d’un autre « beur » au sein de la structure de l’Elysée chargée, sous la responsabilité de l’ancien ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet, de coordonner le renseignement français. « La société américaine a mis la diversité au cœur de sa démocratie, quand notre modèle d’intégration, fondé sur l’égalitarisme, ne produit que de la frustration et l’inertie sociale », déplore Yazid Sabeg. Et l’industriel natif de Guelma d’épingler un principe constitutionnel très hexagonal qui, sous prétexte de l’égalité des Français devant la loi, réfute la discrimination positive à l’américaine. « Nos élites s’abritent derrière le dogme pour préserver leurs situations acquises ».

Si elle ne prête pas son nom au manifeste, Carla Bruni-Sarkozy l’endosse. Et tient à le faire savoir au moyen d’un bref entretien avec « Le Journal du Dimanche ». Se déclarant, sans ambages, « d’accord » avec le texte et ses objectifs, la première dame de France critique une France dont « le pouvoir a souvent eu la même tête : des hommes blancs et plutôt âgés ». « Je me suis souvent demandé d’où venait le blocage de nos sociétés, ce qui fait que nous soyons si blancs, dans les élites, au Parlement, dans les cercles dirigeants (...) alors que la société est métissée », s’interroge la chanteuse italienne de naissance, devenue française de fraîche date.

Carla Bruni-Sarkozy attribue la responsabilité d’une France politique monocolore au « blocage du système politique », à l’ »incapacité » des partis politiques « à faire élire dans les assemblées des gens différents, qui sortent du vieux moule du pouvoir ». Avec une vigueur singulière, la première dame de France constate que « la reconnaissance des cités par le pouvoir ne suffit pas ». Aussi, les gens des cités doivent-ils « devenir le pouvoir, eux aussi, à leur tour ! ».

Le Quotidien d’Oran

Add to Technorati Favorites Voir les derniers articles du Journal Chrétien sur Google Actualités
Restez informé sur le sujet suivant :

1 Message



modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  1. (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)
Lien hypertexte (optionnel)
  1. (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)
Qui êtes-vous ? (optionnel)

AUDIO ET VIDEO
Audios
Message pour la Fête de Noël
Vidéos
Vidéo : Barack Obama président des Etats-Unis
Vidéos
Cantiques : Entre tes mains, j’abandonne
Vidéos
Musique chrétienne : le nouvel album de Claudia Nobre
Vidéos
Louange et adoration : « Ta présence », par KALABASI Macaire
Vidéos
L’ETERNEL EST DIGNE DE LOUANGE
 
 

Découvrez le Portail Chrétien Interactif

Continentalnews.fr, site d’information communautaire à découvrir. Créez votre blog sur Continental News
Prêt hypothécaire : Vous avez contracté plusieurs crédits pour divers projets... Nous avons une solution pour vous.

 


Visiter CHRETIENS EN RESEAU

jb
A la Une  | Actualité chrétienne  | Afrique  | Christianisme  | Culture  | Dossiers  | France  | Israël  | Monde  | Multimédia  | Science/Tech  | Sports  | Contacts

Le Journal Chrétien, est un service de libre diffusion pour le Corps de Christ.
Beaucoup de chrétiens sont animés du désir d’entretenir des relations fraternelles, enrichissantes et fructueuses malgré la barrière constituée,
quelquefois, par la multiplicité des dénominations. Le Journal Chrétien est une réponse à ce besoin légitime du peuple de Dieu.

Publiez vos annonces immobilières sur le premier réseau immobilier européen d'annonces multilingues